je suis dans le père, de Denis Peiron
je suis dans le père et le père est dans moi
je suis dans le cercueil et le père dans le cortège
je suis dans le ciel et le ciel dans mes yeux
jeudi 7 juillet 2011
dimanche 26 juin 2011
destinée
destinée, de Denis Peiron
je ne sais où
je ne sais quand
je ne sais comment ni même pourquoi
je sais seulement ce que c’est
sais seulement que c’est
toi
je ne sais où
je ne sais quand
je ne sais comment ni même pourquoi
je sais seulement ce que c’est
sais seulement que c’est
toi
samedi 11 juin 2011
La ville comme jamais
La ville comme jamais, de Denis Peiron
d’en haut,
la ville qui m’a vu naître
et m’a laissé partir
comme ces bateaux
lancés sur un revers de ciel
d’ici,
un simple geste de la main
me suffirait à les ramener
au port
d’en haut,
la ville qui m’a vu naître
et m’a laissé partir
comme ces bateaux
lancés sur un revers de ciel
d’ici,
un simple geste de la main
me suffirait à les ramener
au port
mardi 31 mai 2011
Le vivant ne comprend pas
Le vivant ne comprend pas (Żywy nie zrozumie), de Tadeusz Dąbrowski, traduit du polonais par Denis Peiron
Le vivant ne comprend pas le mort le mort comprend
le vivant et son incompréhension.
Le vivant croit si peu au ciel que si
on lui proposait de rester éternellement assis dans un fauteuil
avec l’obligation de surveiller un écran dans lequel
il se regarderait lui-même en train de se regarder, il serait
partant. Ou bien il serait d’accord pour que le ciel soit petit mais
certain comme le cercueil. Si
le mort voulait bien raconter au vivant
à quoi cela ressemble vraiment il serait obligé de
se taire.
Ecoutez Tadeusz Dąbrowski et retrouvez plusieurs autres de ses poèmes traduits par Denis Peiron sur Lyrikline
Le vivant ne comprend pas le mort le mort comprend
le vivant et son incompréhension.
Le vivant croit si peu au ciel que si
on lui proposait de rester éternellement assis dans un fauteuil
avec l’obligation de surveiller un écran dans lequel
il se regarderait lui-même en train de se regarder, il serait
partant. Ou bien il serait d’accord pour que le ciel soit petit mais
certain comme le cercueil. Si
le mort voulait bien raconter au vivant
à quoi cela ressemble vraiment il serait obligé de
se taire.
Ecoutez Tadeusz Dąbrowski et retrouvez plusieurs autres de ses poèmes traduits par Denis Peiron sur Lyrikline
mardi 17 mai 2011
L'étranger
L'étranger, de Denis Peiron
la vague est sa chance
est son ennemie
quand elle le porte hors d’ailleurs
pour le laisser au bord
d’ici
là où la mer ressasse
les rêves
là où la mer
la vague est sa chance
est son ennemie
quand elle le porte hors d’ailleurs
pour le laisser au bord
d’ici
là où la mer ressasse
les rêves
là où la mer
Lisboètes
Lisboètes, de Denis Peiron
Les Lisboètes
chantent le vent
dans les voiles
hissées aux fenêtres,
loin des navires
amarrés
au passé.
Les Lisboètes
chantent le vent
dans les voiles
hissées aux fenêtres,
loin des navires
amarrés
au passé.
mercredi 23 mars 2011
Lioran
Lioran, de Denis Peiron
Il n’arrive pas à nouer ses lacets.
Il n’arrive plus à nouer ses lacets.
Ses mains refusent de répondre.
Ses mains d’enfant ne répondent qu’à la peur.
Aux balles, aussi, qui de part et d’autre ont percé l’air,
percé les corps, d’autres corps, à la sortie du virage.
Marseille, couche-toi !
Marseille s’est couché en plein champ,
s’est relevé.
Je ne sais ce qu’à cet instant il a en tête,
lui qui ne croit plus en Dieu.
Je sais seulement ce que pensent ses mains,
ses mains d’enfant enlacées par la peur.
Il n’arrive pas à nouer ses lacets.
Il n’arrive plus à nouer ses lacets.
Ses mains refusent de répondre.
Ses mains d’enfant ne répondent qu’à la peur.
Aux balles, aussi, qui de part et d’autre ont percé l’air,
percé les corps, d’autres corps, à la sortie du virage.
Marseille, couche-toi !
Marseille s’est couché en plein champ,
s’est relevé.
Je ne sais ce qu’à cet instant il a en tête,
lui qui ne croit plus en Dieu.
Je sais seulement ce que pensent ses mains,
ses mains d’enfant enlacées par la peur.
jeudi 25 juin 2009
Anthologie Triages / Tarabuste 2009
Vient de paraître l'Anthologie Triages / Tarabuste, avec des textes de Louis Dalla Fior, Françoise Delorme, Nolwenn Euzen, Jean-Louis Kéranguéven, Constance Luxembourg et Denis Peiron.
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BULLETIN DE SOUSCRIPTION
TRIAGES
ANTHOLOGIE 2009
Collection Triages – 168 pages – Format : 21 x 28 cm.
Je, soussigné(e), .......................................................................
Adresse : .................................................................................
................................................................................................
souscris pour ....................................... exemplaire(s) de :
TRIAGES ANTHOLOGIE 2009
au prix unitaire de 23 euros (+ 3 euros frais de port)
Veuillez trouver ci-joint un chèque de ........................... euros
libellé à l’ordre de :
ATELIERS/EDITIONS TARABUSTE
Rue du Fort - 36170 St Benoît-du-sault - Fax : 02 54 41 67 65
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BULLETIN DE SOUSCRIPTION
TRIAGES
ANTHOLOGIE 2009
Collection Triages – 168 pages – Format : 21 x 28 cm.
Je, soussigné(e), .......................................................................
Adresse : .................................................................................
................................................................................................
souscris pour ....................................... exemplaire(s) de :
TRIAGES ANTHOLOGIE 2009
au prix unitaire de 23 euros (+ 3 euros frais de port)
Veuillez trouver ci-joint un chèque de ........................... euros
libellé à l’ordre de :
ATELIERS/EDITIONS TARABUSTE
Rue du Fort - 36170 St Benoît-du-sault - Fax : 02 54 41 67 65
Deuil, Denis Peiron
(extraits)
on ne sait si avant nous il s’éteindra
le deuil par anticipation
dilue la douleur
dans le commerce étale des jours /
je dis blanc
je porte noir
je te vois
je te vois mort
je t’entends
t’entends au loin /
c’est plus facile ainsi
c’est ainsi
plus facile
l’intime m’intime
de ne rien laisser
paraître /
être présent
imaginer l’absence
jusqu’au bout
jusqu’à ce qu’elle soit
présente
et la garder en soi
la garder
vouloir la garder
la garder
la garder
puis
la repousser
et la garder pourtant
jusqu’au bout
en soi /
la première fois
tout était simple
c’était
à n’y rien apprendre
vécu
sur vécu
la vacuité qui sauve
tout était
simple
sans doute
beaucoup trop
on ne sait si avant nous il s’éteindra
le deuil par anticipation
dilue la douleur
dans le commerce étale des jours /
je dis blanc
je porte noir
je te vois
je te vois mort
je t’entends
t’entends au loin /
c’est plus facile ainsi
c’est ainsi
plus facile
l’intime m’intime
de ne rien laisser
paraître /
être présent
imaginer l’absence
jusqu’au bout
jusqu’à ce qu’elle soit
présente
et la garder en soi
la garder
vouloir la garder
la garder
la garder
puis
la repousser
et la garder pourtant
jusqu’au bout
en soi /
la première fois
tout était simple
c’était
à n’y rien apprendre
vécu
sur vécu
la vacuité qui sauve
tout était
simple
sans doute
beaucoup trop
jeudi 19 février 2009
Constellation en fugue, Christian Uetz, trad. Denis Peiron
Constellation en fugue, de Christian Uetz, traduit de l’allemand par Denis Peiron, éditions L’Oreille du loup, Paris, 2008.
(extraits)
Nous voyons notre fin
et déjà anges nous sommes,
plus de ce monde.
Pris congé de tout,
tout observé, une dernière fois,
tout achevé,
et voilà que tout commence.
Nous voyons notre non-être
et sommes déjà présent sans présent,
esprit sans présence.
Et quoi qu’il nous arrive,
tout est déjà vécu.
Et quoi que nous fassions,
tout est déjà parfait.
Nous ne nous bousculons pas vers la vie,
nous basculons dans l’éternité.
Nous ne nous bousculons pas vers l’autre,
nous basculons dans l’autre, dans l’unicité.
Acheter en ligne Constellation en fugue sur Amazon
(extraits)
Nous voyons notre fin
et déjà anges nous sommes,
plus de ce monde.
Pris congé de tout,
tout observé, une dernière fois,
tout achevé,
et voilà que tout commence.
Nous voyons notre non-être
et sommes déjà présent sans présent,
esprit sans présence.
Et quoi qu’il nous arrive,
tout est déjà vécu.
Et quoi que nous fassions,
tout est déjà parfait.
Nous ne nous bousculons pas vers la vie,
nous basculons dans l’éternité.
Nous ne nous bousculons pas vers l’autre,
nous basculons dans l’autre, dans l’unicité.
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